Francine BAVAY, conseillère régionale d'Île-de-France

ven 16 dec 2005

Et si on était gentil avec les pauvres aujourd’hui ?

Le néo-libéralisme ne se contente pas de dénoncer l’Etat qui construit des téléviseurs ou des voitures, il voudrait lui enlever toute préoccupation sociale, remplacer la justice par la charité, les services sociaux par de pieuses initiatives, l’égalité par la compassion à l’américaine. Les ministères de la Famille et de la Justice envisagent la publication d’un « guide du parrainage » d’un jeune de banlieue et une prochaine campagne de promotion du dispositif, inspiré par des associations ; dans le même temps, la ministre de la Parité propose que les femmes battues soient prises en charge par des familles d’accueil rémunérées 612 euros par mois.

Le parrainage de jeunes en difficulté ou la solidarité avec des femmes battues partent évidemment d’une bonne intention : notre société a besoin de gens généreux qui s’organisent. Mais cette spontanéité privée ne peut tenir lieu de politique : au moment où l’Etat organise sa propre faillite, coupant les vivres de milliers d’associations avec le résultat qu’on sait, des ministres consacrent le temps et l’argent publics à promouvoir ce qui doit rester de la sensibilité de chacun et qui ne saurait assurer sécurité et dignité à quiconque.

Plus besoin de justice, plus besoin de professionnels, de services sociaux disponibles, d’accueil et d’écoute compétente, nos ministres peuvent partir : la France se contentera d’un « ministère de l’aventure affective » qui aurait pour slogan, « soyez gentils avec les pauvres et les opprimés, personne ne le sera à votre place ». Les libéraux ne connaissent que des individus ou encore des familles : si les enfants restent tard dehors, c’est la faute aux familles qu’il faut frapper au porte-monnaie, même si ces familles se réduisent à une mère aux abois qui court de temps partiel en temps partiel. Si les voitures brûlent, c’est le choix rationnel d’enfants de polygames décervelés par des chansons de rappeurs. Pour dédouaner l’Etat, remplaçons la sécurité sociale par les bons sentiments ! La société compassionnelle est en marche, Nicolas Sarkozy en avait rêvé, ce gouvernement le fait : les Américains en visite en France ne doivent pas se sentir dépaysés…

Economie sociale et solidaire : Discours introductif de Francine Bavay

Conseil régional Ile-de-France du jeudi 15 décembre 2005 : introduction à la délibération sur le rapport-cadre Economie sociale et solidaire

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Dynamiser l’Economie sociale et solidaire en Ile-de-France

Conseil régional du 15 décembre 2005 - Communiqué de presse

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jeu 1 dec 2005

Pour un service public des territoires

Aux jeunes sans avenir qui ont enflammé leurs quartiers, le gouvernement a répondu par le bâton et la carotte. Le bâton, d’abord : état d'urgence, promesses d’expulsion des « immigrés même s’ils sont en situation régulière »; la carotte a suivi, comme pour mieux légitimer l'explosion : déblocage de fonds pour les associations, au jeu de bonneteau gouvernemental déjà bien connu, service civique – ressorti comme solution éphémère d'intégration.

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