Interpellé le 30 juin par des militants de la Confédération paysanne sur la répression syndicale à l’encontre des faucheurs d’OGM, le ministre de la justice Pascal Clément a tenu ces propos : « En alertant l’opinion publique sur les dangers présentés par les OGM (...) vous nous avez rendu service, je vous en remercie. Mais quand les précautions sont prises, il n’est pas acceptable d’empêcher l’expérimentation de ces cultures. Nous souhaitons des sanctions assez fermes ». On ne peut pas dire qu’il n’ait pas été entendu. Mais il faudrait rappeler à notre ministre de la justice que selon la législation européenne en vigueur, les précautions ne sont pas prises. La France est toujours en infraction faute de transposition de la directive par une loi sur les OGM, actuellement embourbée à l’Assemblée. Si le retard se prolonge, les pénalités financières ne vont pas tarder, ce seront aussi des « sanctions assez fermes » contre l’incurie de la France. L’état de nécessité concerne d’abord l’Etat, qui ferait bien d’assumer publiquement et contre toutes les opinions publiques européennes son parti pris pour les OGM.

Sur un autre front plus inattendu, les OGM sont également tenus à bout de bras : le nouveau manuel Magnard à destination des Premières STG les présente avantageusement. Comme le rapporte M. Bou, enseignant au lycée de Millau, on trouve dans cet ouvrage le texte d’un géographe expliquant que les OGM permettront d’augmenter les rendements, de coller aux demandes de l’industrie et de "mieux gérer les problèmes d’environnement" en évoquant pesticides et eau. Ces affirmations très discutables scientifiquement sont présentées sans aucun contrepoids.

Rappelons que les OGM n’ont pas fait preuve d’un rendement supérieur, qu’ils sont des produits commerciaux de quelques multinationales, et que le problème de leur dissémination dans l’environnement n’est pas résolu. Un manuel scolaire n’a pas à prendre parti dans un débat politique et scientifique qui est loin d’être tranché.